Ian McEwan

Amsterdam, Expiation, Solaire (Gallimard)

Quel plaisir de découvrir un auteur. Ce n’est pas un jeunot Ian McEwan et quel talent ! J’ai lu trois de ses livres à la suite, ce qui m’arrive rarement (par crainte d’être déçue). Quelle diversité aussi !

Cynique, diabolique, inattendu…

J’ai peut-être un petit faible pour Amsterdam, un livre cynique, d’une construction diabolique et à la fin inattendue.

Clive et Vermen apparaissent dès le début du livre lors de l’enterrement de leur amie/amante Molly. Tous deux détestent le mari de Molly et un certain Garmony, ancien amant de Molly et actuel ministre des Affaires Etrangères. Clive est compositeur ; Vernon, directeur d’un journal.

Il serait facile de dire que le roman est construit comme la symphonie de Clive qui doit être jouée à Amsterdam pour le millénaire (de ?).

Clive et Vernon ont tous deux quelque chose à se reprocher. Clive a assisté, involontairement,  à une scène conjugale violente lors d’une promenade dans la campagne écossaise. Au lieu de porter secours à la femme, il préférera continuer à composer sa symphonie. Vernon, contre l’avis de toute sa rédaction, publiera des photos compromettantes de Garmony.

La tension monte jusqu’au point final à Amsterdam avec un dénouement complètement inattendu.

Expiation : une splendide construction

Expiation est celui des trois dans lequel j’ai eu le plus de mal à entrer. Mais quel livre magnifique ! Je ne regrette pas d’avoir persisté. Encore une splendide construction narrative. Une longue exposition prépare le drame et se déroule en quelques jours racontés par Briony, une très jeune fille âgée de 12 ans, apprentie romancière. Briony va surprendre Cécilia, sa soeur, et Robbie, le fils d’une domestique, dans une situation « fâcheuse », point de départ du drame.

Tout le monde est réuni dans la grande maison familiale durant cet été de l’année 1935, frappé de canicule. Briony et Cecilia ont un frère, Léon, qui vient de rentrer de l’université en compagnie de quelques amis. Robbie aussi va à l’université – c’est un étudiant brillant – grâce à la générosité du père de Briony qui lui paie ses études. S’ajoutent au tableau les cousins de Briony, Lola et ses deux frères jumeaux, que la séparation de leurs parents ont fait échouer chez leur tante.

Les vies de Cecilia, Robbie et Briony vont basculer quand Lola est « agressée » alors qu’elle était partie à la recherche de ses  frères fugueurs. Toute cette partie – la recherche des enfants – est racontée du point de vue de Briony. Et je suis toujours bluffée par la capacité de certains auteurs masculins – ayant dépassé la cinquantaine dans le cas de McEwann – à se mettre en empathie avec une gamine de 12 ans qui se pique d’être un auteur de théâtre.

On retrouve ces trois personnages quelques années plus tard en pleine guerre. Robbie a fait de la prison puis la guerre en France. Il fait partie de ces soldats britanniques qui ont été obligés de battre piteusement en retraite pendant la débâcle et d’attendre que leur flotte vienne les récupérer. Ce sont des pages superbes. Cecilia a quitté sa famille. Elle est infirmière. Briony  aussi mais les deux soeurs ne se voient plus.

Le point d’orgue du livre est la rencontre entre les trois personnages quand Briony, repentante, viendra tenter de rattraper, peut-être, l’irréparable.

Dans la dernière partie du livre, une Briony âgée revient fêter son anniversaire dans la grande maison qui a servi de décor au début du roman. Une Briony entourée et auteur reconnu à qui les enfants de la famille ont fait la surprise de jouer sa pièce « Les tribulations d’Arabella ». Une pièce écrite à l’âge de 12 ans et que Briony voulait faire interpréter par Lola et les jumeaux.

Solaire : le triomphe d’un héros chauve et bedonnant

Un livre dont le héros est un Prix Nobel de Physique, quinquagénaire, chauve, gros, qui collectionne les femmes et les conférences bien rétribuées.

Cinq fois marié, Beard vit l’enfer avec sa dernière épouse en date qui le trompe ouvertement avec un maçon violent.

Après une expérience écologique en compagnie d’autres savants sur la banquise, Beard revient chez lui et tombe sur un de ses collègues du centre de recherche, confortablement installé dans son canapé et dans son peignoir.

La suite est une incroyable succession de rebondissements qui vont amener Beard à devenir père de famille puis à monter un projet de centrale énergétique par photosynthèse grâce aux travaux de celui qui lui avait emprunté son peignoir et…sa femme.

Ce livre est jubilatoire. L’écologie n’est qu’un prétexte à se moquer gentiment de certains milieux scientifiques et surtout Ian Mc Ewann réalise une prouesse en faisant de ce personnage si peu glamour un véritable héros.

Lus en 2012

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