Terres rares

de Sandro Veronesi

Pietro Paladini, le héros de Chaos Calme, « prend la fuite après le chaos » (pour paraphraser une citation de La Republica).

En 24 h, la vie de Pietro bascule : il perd son boulot, sa fille âgée de 18 ans a fait une fugue et il apprend que son associé est un escroc. Et comme il le dit lui-même (p.183) :

Je n’ai plus ma mère. Plus mon père. Plus ma femme, morte elle aussi, il y a huit ans d’une rupture d’anévrisme. Plus mon chien, j’ai dû le faire abattre il y a 6 mois. Plus mon frère ou c’est tout comme, parce que, lui, pour le coup, il est en cavale. Plus ma fille (…). En temps normal j’ai une compagne comme on dit, mais elle a été obligée elle aussi de partir (…). Plus mon associé. Plus de permis de conduire. Plus de téléphone portable. Plus d’ordinateur au bureau. Je n’ai plus rien dans ma vie. »

Pietro va réussir à sortir de son cauchemar avec l’aide de son ancienne secrétaire Annalisa. Autrefois falote, Annalisa est devenue puissante et sexy, au contact d’une avocate célèbre dont elle est l’assistante et la compagne. Pietro va également réussir à renouer avec sa fille grâce à sa belle-soeur (avec qui il avait eu une liaison avant de se marier).

Pourquoi les Terres rares ? C’est Claudia, la fille de Pietro qui lui apprend ce que signifie cette expression. Elle a choisi le sujet des terres rares pour un exposé libre en chimie.

page 407 : Ce sont des éléments chimiques du tableau périodique qui se trouvent à l’intérieur de minerais assez courants sur la croûte terrestre.(…) On les appelle terres rares parce leur teneur est très faible et leur extraction compliquée et coûteuse. »

Claudia explique ensuite pourquoi son exposé s’est mal passé (le professeur n’a rien compris à sa motivation) et pourquoi elle est tant attirée par les terres rares : une métaphore de sa vie ?

page 426 : Et c’est à peu près ce qu’il se passe (…) quand les gens traversent une expérience qui rend leur vie unique, comme l’amour, l’art, la thérapie ou, j’imagine, la foi. Voilà pourquoi les terres rares m’intéressent : parce qu’elles m’apprennent que si je veux arriver à une chose difficile à atteindre, je dois détruire l’être solitaire qui la contient. »

Une coïncidence m’a émue. Pietro évoque un livre de Sandor Marai que je viens de lire : Les braises.

page 382 : Fraternité trahie, secrets inavouables, haine qui cohabite avec l’amour, tout ce que je dois tenir à distance.

Lu en 2016

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