Relire : enquête sur une passion littéraire

de Laure Murat, Flammarion

Voilà un livre fort intelligent. Mon professeur de français de seconde et de première nous répétait « L’important n’est pas de lire mais de relire. » Ce conseil m’est toujours resté en tête même si je suis plus avide de lectures que de relectures.

Le livre de L. Murat aide à comprendre pourquoi est-ce si enrichissant de relire, et surtout à des périodes différentes de sa vie. On peut avoir détesté Madame Bovary à 16 ans et l’adorer à 40 !

Le livre est composé de témoignages d’écrivains à qui Laure Murat a envoyé un questionnaire. Les statistiques qu’elle a tirées de leurs réponses sont intéressantes. Sur les 125 auteurs cités, 93 % sont des hommes, 58 % des auteurs francophones et 64 % des auteurs des XXe et XXIe siècles.

Dans le top 5 des auteurs les plus relus (page 77) :
1. Marcel Proust
2. Gustave Flaubert
3. Montaigne, Nietzsche, Woolf
4. Baudelaire, Duras, Beckett, Shakespeare
5. Balzac, Barthes, Foucault, Michaux, Faulkner, Sartre, Sterne, Platon, la Bible.

Proust fait l’objet d’une question particulière : « Avez-vous une pratique spécifique de relecture liée à La Recherche du Temps Perdu ?. Et le chapitre 5 est consacré à Proust, « J’ai perdu le temps retrouvé », ou ce que Proust fait à ses relecteurs.

Une mention spéciale pour la réponse de Stéphane Audeguy qui ose évoquer (page 114) les livres qu’on ne lira jamais : « Parmi ceux qu’on ne lira probablement jamais, il y a ceux pour lesquels il nous manque un certain type d’intelligence ou de sensibilité ; disons plus prosaïquement pour lesquels il nous manque une case. (…). Dans mon cas, Dostoievski. (…) Ajoutons une mention spéciale pour les chefs-d’oeuvre dont je ne suis pas sûr que beaucoup les ait lus, même une seule fois, parce qu’ils mettent à l’épreuve la lisibilité, d’une manière ou d’une autre (…). «  Et là S. Audeguy cite Naked Lunch, la Divine Comédie, Moby Dick, etc. Une liste à laquelle j’ajouterais bien quelques noms. J’avais d’ailleurs pensé à créer une rubrique qui s’intitulerait « Plutôt mourir que d’avouer qu’on n’a jamais réussi à lire…. » (Ulysse ? Au-dessous du volcan ?, etc.).

Du coup, je me suis intéressée à ma pratique de la relecture et, en parcourant mes carnets de notes, j’ai constaté que l’auteur que j’ai le plus relu est…Nabokov, talonné par Balzac. Et, en relisant ces auteurs, je me suis dit qu’il fallait relire « ses classiques », ne serait-ce que pour se réhabituer à une certaine complexité de la langue (et oui, il faut parfois faire un effort).

Lu en 2016

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1 Response to Relire : enquête sur une passion littéraire

  1. fleury14 dit :

    Il faudra donc manifestement que je relise Madame Bovary. La perspective ne m’enchante pas.

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