La veuve Basquiat

de Jennifer Clément, Bourgois Editeur

veuve Basquiat

La Fondation Louis Vuitton consacre une grande exposition au peintre Jean-Michel Basquiat. Il paraît qu’elle est magnifique. J’ai lu, en 2016, sur les conseils de mon libraire, La Veuve Basquiat, témoignage de la compagne du peintre. J’avais beaucoup apprécié d’approcher ainsi la personnalité d’un artiste étonnant et que je connaissais mal.

 

« C’est pour ça que je peins, dit-il. Pour faire entrer les Noirs au musée. » Voilà ce qu’aurait déclaré Jean-Michel Basquiat après avoir visité des musées lors d’un séjour en Italie.

Ce livre est composé de chapitres qui donnent la parole à Suzanne Mallouk, la compagne de Jean-Michel Basquiat. Elle a vécu avec le peintre dans les années 80, à New-York. A cette époque, New-York était une ville bien plus dure que maintenant, moins touristique, pleine de fureur et de fêtes organisées dans des lieux étonnants.

J.M. Basquiat et Suzanne étaient de gros consommateurs de drogue ; ils en trouvent partout où qu’ils aillent (même à Venise). Suzanne a débarqué à New-York après voir abandonné le Canada et sa famille. Elle va vivre avec JMB une relation tumultueuse (il n’est pas très fidèle), parfois violente, pleine de séparations et de retours. Mais Suzanne restera la muse du peintre, celle qui le comprend, l’excuse. Tous les personnages sont hors norme. J. Clément décrit un milieu new-yorkais artistique dément, loin du NY aseptisé d’aujourd’hui. Et puis, en touches subtiles, l’auteure livre à travers les propos de Suzanne des indices sur l’oeuvre de Basquiat, notamment sur les mots qui reviennent souvent dans ses tableaux. On y trouve aussi un portrait acide d’Andy Warhol (apparemment très attiré par J.M. Basquiat et qui se serait bien débarrassé de Suzanne). La structure du récit est originale avec les voix de Suzanne et de l’auteure qui alternent. Et puis j’adore le titre, qui exprime d’une façon brute le lien qui unit Suzanne et J.M. Basquiat.

Aujourd’hui, Suzanne est psychiatre : « Elle soigne les artistes souffrant d’addictions ».

Page 142. La « prière » de Suzanne lors des funérailles d’un ami.

« Je ne crois pas en Dieu mais je crois que chacun de nous possède une sorte de dynamique intérieure, dont nous n’avons pas toujours conscience, et qui nous pousse à vivre des choses profondes. Ces choses profondes nous changent pour toujours et nous rapprochent de notre moi ultime. Ma relation avec Jean-Michel Basquiat et la mort de Michael Stewart ont été des expériences de cette nature. »

Lu en 2016, recommandé par mon libraire Les Arpenteurs

 

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