Les Intéressants

de Meg Wolitzer, Editions rue Fromentin, traduit de l’anglais (américain) par Jean Esch

« On ne louera jamais assez le talent de narration des écrivains américains. », affirme Lou-Eve Popper dans un récent article (Lire/ Novembre 2016/ p.69). Tout à fait d’accord, et voilà une réflexion parfaitement adaptée à ce bon gros roman de 600 pages qui se déguste facilement et avec beaucoup de plaisir.

Julie (appelée ensuite Jules tout au long du roman), Ethan, Goodman et sa soeur Ash, Jonah et Cathy, se rencontrent en 1974 dans un summer camp dénommé Spirit-in-the-woods. Animé par un couple de gentils hippies, ce camp propose toutes sortes d’activités artistiques aux adolescents. Spirit-in-the-Woods est l’élément fondateur qui va cimenter le groupe. Ils se surnomment eux-mêmes Les Intéressants. A partir de leur rencontre, ce club des 6 ne va pratiquement plus se quitter pendant 40 ans. C’est un hymne à la fidélité en amitié, typiquement américain, mais très réconfortant.

Certains vont réussir, d’autres réaliser leur incapacité à réussir une carrière artistique ; certains vont former des couples, d’autres vont passer à côté (peut-être ?) de l’amour de leur vie. L’un d’entre eux va connaître un destin tragique, obligé de fuir les Etats-Unis et de vivre dans un pays nordique pour échapper à la justice (l’ambiguité plane sur le fait qu’il ait commis ou non le crime dont on l’accuse).

Tout tourne autour du personnage de Jules, la dernière arrivée au camp, immédiatement fascinée par ce petit groupe qui l’adopte très vite. Jules vient d’une petite ville proche de New-York. Elle est très attirée par Ash et son frère, new-yorkais « bien nés ». Ethan, lui vient du Queens : il fera fortune grâce à son grand talent en matière d’animation et en « pincera » toute sa vie pour Jules (mais ce n’est pas elle qu’il épouse !).

Jules se pose perpétuellement la question de leur amitié et idéalise la période où le groupe s’est formé. Voici ce qu’elle en dit à son mari Dennis (qui ne vient pas du groupe « historique ») : p. 292 « Si on se rencontrait tous aujourd’hui, on ne deviendrait jamais amis. (…) Voilà pourquoi les rencontres que l’on fait enfant peuvent sembler idéales, car on est tous égaux et on crée des liens basés seulement sur notre affection réciproque. Mais, plus tard, le fait de s’être connus pendant l’enfance peut devenir la pire des choses car parfois tes amis et toi, vous n’avez plus rien à vous dire à part : « tu te souviens de la rigolade en 3e quand tes parents sont rentrés alors qu’on était complètement bourrés ? » Un constat à la fois cruel et juste mais démenti par leur histoire même si leur amitié est bousculée par des épisodes tragiques.

Un livre qui se lit comme une gourmandise. Les 600 pages passent facilement. On a le sentiment d’avoir vieilli avec Les Intéressants.

Lu en 2016

 

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