Les Républicains

de Cécile Guilbert

Dans ce livre (aucun rapport avec le parti du même nom même s’il en est question), nous traversons une partie de Paris l’espace d’une nuit. C. Guilbert raconte ses retrouvailles avec un ancien camarade de Sciences Po, revu à la sortie d’un dîner organisé par Thierry Ardisson, pour réunir les anciens d’une même promotion (un peu de name dropping, suffisamment pour titiller l’intérêt mais modérément pour ne pas le distraire du fond du propos).

Sur une boîte aux lettres, Paris, rue de Maubeuge, février 2017

Elle, on l’appelait « La fille en noir » : elle tranchait par son attitude par rapport au reste de la promotion. Elle a travaillé dans les cabinets ministériels pour écrire des discours mais s’est fait un nom dans la littérature comme spécialiste de certains auteurs et époques. Lui, Fronsac, a intégré l’ENA, puis travaillé dans les cabinets, la banque. Il est le parfait représentant de la tant critiquée « élite ».

La fille en noir et son compagnon pratiquent eux aussi l’art de la conversation au cours de cette déambulation dans un Paris où partout surgit l’histoire de France. La fille en noir oppose sans cesse la grandeur de la France évoquée par les monuments et les lieux traversés, à la médiocrité de la classe politique actuelle. Leur conversation, même si elle est sous-tendue par un léger esprit de flirt, passe en revue les grands sujets de politique actuels  : la République, le terrorisme, etc. C’est brillant, enlevé, jamais ennuyeux. La fille en noir termine la soirée chez elle, où elle retrouve son mari et des amis en pleine engueulade amicale à propos du racisme, du FN, du terrorisme, etc. Une conversation en contrepoint de la précédente, plus brouillonne mais plus sincère, au son de laquelle la fille en noir s’endort.

J’apprécie beaucoup Cécile Guibert, surtout quand elle écrit sur la littérature. C’est une « spécialiste » de Sterne, Saint-Simon, Nabokov, …J’avais beaucoup aimé « Réanimation », dans lequel elle racontait l’hospitalisation de son mari en réanimation et comment elle décrivait ses émotions dans cet espace resserré, entre l’hôpital et son domicile, où elle a vécu pendant quelques semaines.

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