Jeu Blanc

de Richard Wagamese, traduit de l’anglais par Christine Raguet, Editions ZOE/Ecrits d’ailleurs

wagamese_jeublanc_102Le « jeu blanc » peut s’entendre comme une allusion à la glace sur laquelle se pratique le hockey et aussi comme un jeu pour les…blancs. Car Saul Indian Horse (le titre original du livre est Indian Horse) qui raconte son histoire, est un indien qui joue au hockey sur glace, un sport auquel il a été initié dans un internat canadien. Arraché à sa famille pour être propulsé dans un internat catholique où la méchanceté des nonnes le dispute à l’indignité des conditions de vie faites aux jeunes indiens, Saul va trouver un échappatoire à ce qui lui est imposé grâce au hockey que lui fait découvrir le Père Leboutilier. Et le jeune Indien se révèle dans le hockey-sur-glace pour lequel il a un véritable don et malgré les conditions difficiles dans lesquelles il s’initie au jeu : sur de la glace en plein-air, avec du matériel bricolé et en dépit de ses difficiles conditions de vie.

Ce don lui offrira la possibilité de quitter l’internat où il a vu d’autres jeunes indiens mourir de désespoir pour rejoindre une famille indienne bienveillante et intégrer une équipe de hockey « blanche » dans laquelle Saul n’arrivera pas à s’intégrer, et malgré ses grandes qualités sportives, en raison du racisme des autres joueurs et des supporters.

On découvre quelques horreurs à la lecture de ce livre :

  • que le racisme anti-indien sévissait gravement dans le Canada des années 70,
  • que les enfants indiens étaient arrachés à leur famille sous prétexte de leur oter leur « indianité » en leur infligeant des traitements inhumains au nom de Dieu,
  • que même les personnes bienveillantes en apparence peuvent être des bourreaux comme les autres,
  • que, bien raconté, un match de hockey n’est pas si ennuyeux que cela surtout quand l’enjeu du match dépasse le simple score (conscient que ses lecteurs n’ont pas tous glissé sur la glace avec une crosse depuis leur enfance, l’auteur a l’élégance de nous rappeler les règles à la fin du livre).

Certes, on connaissait la violence infligée aux Indiens par les anglo-saxons mais cette lecture apporte un éclairage nécessaire et universel sur la violence faite à une communauté.

Biographie de R. Waganese (extrait du site des éditions ZOE) : 

Richard Wagamese, né en 1955 en Ontario, est l’un des principaux écrivains indigènes canadiens. En activité depuis 1979, il a exercé comme journaliste et producteur pour la radio et la télévision, et est l’auteur de treize livres publiés en anglais par les principaux éditeurs du Canada anglophone. Wagamese appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario, et est devenu en 1991 le premier indigène canadien à gagner un prix de journalisme national. Depuis lors, il est régulièrement récompensé pour ses travaux journalistiques et littéraires. Il est notamment le lauréat du Prix national de réussite indigène pour les médias et les communications 2012, et du prix 2013 du Conseil canadien des arts. Richard Wagamese s’est éteint en mars 2017, à l’âge de 61 ans.

De cet auteur j’avais déjà beaucoup apprécié Les Etoiles s’éteignent à l’aube.

A découvrir : des extraits lus par la traductrice, Christine Raguet

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