La fin de la solitude

De Benedict Wells, traduit de l’allemand par Juliette Aubert, Editions Slaktine & Cie

wells_solitude_1_1024-201x300Voici l’histoire des Moreau, une famille franco-allemande qui vit en Allemagne et se rend une fois par an à Berdillac, village du Languedoc d’où est originaire le père Stéphane.
« (il) m’a toujours fait l’effet d’un vieillard grincheux« , raconte Jules, le narrateur, à propos de ce village. Stéphane est un homme mystérieux qui a perdu son travail, photographe amateur qui aimerait transmettre sa passion à Jules. La mère a toujours été « le coeur de la famille ». Elle charme tout son petit monde dès qu’elle entonne, en s’accompagnant à la guitare, « Moon River« , la chanson rendue célèbre par Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s. Les trois enfants : Liz, belle et fantasque « qui donnait toujours l’impression d’être sur scène », Marty, « on aurait dit qu’il venait de nulle part, un inconnu qui se serait incrusté entre nous. Je ne pouvais pas le sentir. » et Jules, le narrateur, un enfant rêveur, à part. Voici comment les décrit leur tante Hélène : « Marty le petit futé », « Liz, la star » et Jules « beaucoup plus subtil que la majorité des enfants. »

« Jusque-là, j’avais mené une existence protégée, or il y avait à l’évidence des forces et des courants invisibles qui pouvaient tout changer en un clin d’oeil. » L’enfance protégée bascule après la disparition des parents dans un accident de voiture dans le Sud de la France. Les trois orphelins se retrouvent dans un pensionnat avec pour seule famille une tante Hélène, la soeur de leur mère chez qui ils se retrouvent pendant les vacances. Liz, Marty et Jules vont vivre à partir de là des existences séparées. Ils réalisent aussi qu’ils ne savaient rien de leurs parents, juste qu’ils s’étaient rencontrés à Montpellier. A partir du pensionnat, une distance affective s’installe entre Marty, Jules et Liz : Marty se transforme en geek chef de bande (plus tard il fera fortune comme pionnier du web), Liz part en vrille et finit par quitter le pensionnat. La solitude de Jules est alors ensoleillée par la présence d’Alva, « cheveux cuivrés et lunettes d’écaille ». Leur « amitié » résistera aux années malgré quelques séparations. Un autre personnage est présent dans toute la vie de la fratrie : Tony, ami des deux frères et amoureux perpétuel de Liz qui le dédaigne et le séduit alternativement. « On partage à trois un seul meilleur ami. (…) La fratrie la plus solitaire au monde. » Mais devenus adultes, Liz, Marty et Jules ne se perdent plus de vue malgré les distances géographiques. Quand Liz va mal (et cela arrive souvent), les deux frères sont toujours là. Ils veillent les uns sur les autres parfois à distance.

« La fin de la solitude » est un livre très émouvant, traversé par la maladie, la mort et l’amour entre soeur et frères, un amour qui soude et console de l’absence des parents. A lire en écoutant Moon River chanté par Audrey Hepburn, une chanson qui remplit le coeur d’une délectation mélancolique, à l’image du livre

 

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