Si on n’a rien d’autre à lire…

 

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Voilà deux chroniques qui, je l’espère, vont faire plaisir à mon amie Catherine E. qui aime bien la rubrique « On peut s’en passer ». Il m’arrive en effet de ne pas parler des livres que je n’ai pas appréciés sous prétexte que je n’ai déjà pas assez de temps pour écrire sur ceux que j’aime. Mais comme il faut bien alimenter la rubrique…Et puis j’ai remarqué que parfois mes remarques suscitaient l’envie de lire le livre concerné : ce qui leur donne une seconde chance ! Le débat pourrait aussi naître à partir des avis que je donne (je rappelle que vous pouvez déposer vos commentaires dans le cadre prévu à cet effet sous le texte et n’oubliez pas de valider en appuyant sur la touche « entrée »).

La légende de Bruno et Adèle, de Amir Gutfreund, traduit de l’hébreu par Katerine Werchowski, Gallimard

Ce livre est le dernier d’Amir Gutfreund, mort à 52 ans et auteur d’un livre culte « Les gens indispensables ne meurent jamais ». Autant le dire d’emblée : je ne suis pas une bonne lectrice de livre policier ou de thriller. J’ai dû certainement déjà l’écrire : le suspens m’ennuie et m’agace en même temps.

Voici l’intrigue. Trois meurtres sont commis successivement à Tel-Aviv sur une jeune femme, un touriste belge et une femme âgée. Les points communs entre ces trois meurtres ? Une arme à feu d’un modèle ancien et des phrases mystérieuses tracées au pochoir sur les murs. Ces phrases sont tirées de l’oeuvre d’un auteur polonais, Bruno Schulz, assassiné par un officier nazi en 1942.

Les personnages principaux du livre sont tout à fait loufoques. A commencer par le commissaire Yona Merlin qui collectionne les bons de réduction et oriente ses consommations en conséquence. Il se fait aider dans son enquête par Raï Tsitrin, devenu journaliste par hasard en qualité de spécialiste des graffitis urbains, ainsi que par Zoë une adolescente présente sur un des lieux de crime. Plus un couple important composé d’un vieil homme en fauteuil roulant qui ne cesse de parler à son fils, un géant débile léger qui ne le quitte jamais.

L’intrigue nous amène dans les années 1940 en Europe sur les traces de Bruno Schulz et au coeur d’une vendetta familiale à la mode de Tel Aviv. Pourquoi me suis-je ennuyée ? Sans doute parce qu’on devine très vite qui est l’assassin même si les liens entre les meurtres ont besoin d’être explicités et que les motivations de l’assassin restent obscures. Les personnages m’ont semblé un peu stéréotypés de l’adolescente anticonformiste à l’intelligence précoce au commissaire désabusé en passant par « l’assassin » qui réclame justice. Quelques personnages secondaires sont esquissés comme s’ils devaient apparaître dans d’autres livres…mais, qui sait, vu que l’auteur est mort en 2015. Un point positif : on apprend qui est Bruno Schulz et le titre de du livre est directement lié à un de ses livres.

Community, de Estelle Nollet, Albin Michel

Il est parfois regrettable, en tant que lectrice avertie, de céder à la facilité en se fiant naïvement à l’opinion d’un journal qu’on lit depuis toujours. J’ai commis cette erreur avec ce livre pour lequel je devrais créer la rubrique « Il faut s’en passer ». A ma décharge : le thème du livre m’intéressait. Je résume : un groupe de 10 personnes (8 hommes et 2 femmes) s’installent dans la base scientifique de New Aberdeen (Océan austral) pour une mission scientifique d’un an. L’histoire est racontée par Cookers, le cuisinier de l »équipe originaire de Nouvelle Zélande.

communityPremière partie : la mission se met en place, les caractères et les relations entre les personnages s’affirment. Deuxième partie : renversement de situation au moment où l’équipe doit quitter l’île. Le bateau qui doit les récupérer n’arrive pas et les communications sont coupées en raison d’une tempête qui a écrabouillé le matériel de transmission. Qui va survivre ?

Ce que je reproche à ce livre ? Son style familier et parfois négligé et qui manifeste cependant une volonté de faire des effets. L’abus des comparaisons (et pourtant la comparaison est une de mes figures de style favorite). Exemple : « Le grand Jacques avait laissé éclater son rire si particulier qui détalait toujours comme un lapin apeuré sur un parquet ciré égrenant pendant quelques minutes derrière lui des crottes de joie ». Je laisse apprécier…Et parfois…plusieurs comparaisons par page, jusqu’à l’indigestion. Par souci de crédibilité, l’auteure décrit minutieusement tout le matériel utilisé par les scientifiques pour observer les oiseaux (les albatros à bec jaune) et les otaries. Estelle Nollet a effet vécu quelques mois, en résidence d’écrivain, au coeur d’une expédition scientifique. D’où ses connaissances qui seraient plus appréciables dans un reportage ou un compte-rendu.

La seconde partie du livre est plus réussie car elle utilise des ressorts dramatiques certes classiques pour ce type de récit (qui meurt/qui survit), tout en introduisant des rebondissements parfois surprenants et avec une chute qui nous laisse le pouvoir d’imaginer ce qui pourrait advenir des survivants.

Sur le thème de la réaction humaine face à l’isolement et au huis-clos, j’ai lu dans la foulée un livre autrement plus réussi : Le poids de la neige, de Christian Guay-Poliquin (chronique suivante).

Avis à celles et ceux qui seraient intéressés par la lecture de La légende de Bruno et Adèle ou de Community : ces deux livres ont intégré les piles « à vendre au bouquiniste » ou « à donner à RecycLivre » mais ils sont aussi à votre disposition (gratuite) si vous en avez envie. Faites-le moi savoir. Les livres sont faits pour tourner….

 

 

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