Vincent Almendros ou l’art de la chute

Vincent Almendros : un auteur des éditions de Minuit que je viens de découvrir grâce à Christine (qu’elle en soit ici remerciée). Almendros pratique l’art de la chute avec brio. J’ai lu à la suite Faire Mouche puis Un été, et, à chaque fois, les dernières lignes m’ont surprise et bluffée. Deux courts romans : le premier 127 pages et le second 95. L’auteur est un créateur d’ambiance hors pair, un ciseleur de phrases qui réussit à nous faire accrocher à des détails dont on sent qu’ils sont décisifs.

IMG_0640Dans Faire Mouche, Laurent, le narrateur, revient dans le village de son enfance Saint-Fourneau (ça ne s’invente pas). Il revient pour assister au mariage de sa cousine. Il est accompagné de Claire qu’il présentera à son oncle sous le prénom de Constance : premier moment intrigant, « Je lui désignai Claire de la main. Je te présente Constance, dis-je. » Et à partir de là, l’auteur nous déroule le canevas embrouillé de la vie de Saint-Fourneau : la mère de Laurent, veuve, vit avec son beau-frère Roland, veuf aussi. On ne sait quelle est la nature de leurs relations… »Aujourd’hui, je voyais deux veufs qui s’étaient épaulés » : Laurent reste évasif malgré les questions de Claire/Clémence. Laurent a grandi aux côtés de ses grands-parents à partir du moment où sa mère a tenté de l’empoisonner en lui faisant boire de l’eau de javel : était-ce intentionnel ? La mère est une femme rude, puissante dans sa cuisine où elle cuisine de la langue de boeuf (description écoeurante) quand elle ne dépèce pas un lapin avant de le cuisiner. Sur elle plane toujours un soupçon d’empoisonneuse.

Bref, l’atmosphère est lourde, poisseuse, mystérieuse, emplie de mouches mortes. Et Luc, le frère de Constance qui ne cesse d’appeler Laurent car il n’arrive pas à joindre sa soeur. Mais où est passée Constance et quel rôle joue Claire dans ce faux trio ? Il faut attendre les dernières lignes…

Dans Un été, Vincent Almendros traite aussi d’une histoire familiale qui se déroule dans le huis-clos d’un bateau. Le narrateur, Pierre,  est invité par son frère Jean à passer quelques jours en mer. Ils se retrouvent à quatre sur le voilier, vers Capri : Pierre et sa compagne suédoise Lone, Jean et sa compagne Jeanne. Pierre et Jeanne ont été amants…comment se comporter dans l’exiguïté du bateau ? Que ressentent-ils aujourd’hui ? Jeanne est à la fois séduisante et fuyante. Une opportune conjonctivite frappe Lone. Jean l’accompagne à terre pour l’aider à se faire comprendre en italien. Pierre et Jeanne se retrouvent donc seuls…Et là encore le miracle de la chute…dans quel but ces retrouvailles entre Pierre et Jeanne ont-elles été organisées ?

Cet article, publié dans Romans, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s